« On ne rattrape pas une charpente pourrie avec de la belle ardoise. »
Journée passée sur un chantier de réfection à Caen, avec une équipe qui refuse un chantier sur cinq après la visite préalable.
Sept heures du matin, rue de Bayeux. L’échafaudage est monté depuis la veille et l’équipe déroule déjà les bâches au sol. Le chantier a démarré il y a douze jours, il en reste sept.
La maison avait une couverture en fibrociment posée à la fin des années 1970. Sous les plaques, six chevrons présentaient des attaques d’insectes assez avancées pour être remplacés. « C’est ce qu’on cherche pendant la visite préalable », explique le chef d’équipe. « Si on ne peut pas monter, si le propriétaire refuse qu’on sonde, on ne chiffre pas. »
Un chantier sur cinq refusé
L’entreprise dit décliner environ 20 % des demandes après visite. Les motifs reviennent : charpente hors de portée du budget annoncé, présence probable d’amiante que le client ne veut pas faire diagnostiquer, ou délai incompatible.
On ne rattrape pas une charpente pourrie avec de la belle ardoise. Le client voit le toit, il ne voit pas ce qu’il y a dessous.
La question de l’assurance
Interrogé sur la vérification de sa décennale, le dirigeant hausse les épaules : « Ça ne me coûte rien, mon attestation est à jour. Ce qui m’intéresse, c’est que ceux qui n’en ont pas ne puissent pas se présenter comme mon égal sur une page de résultats. »
L’entreprise emploie sept compagnons salariés et ne sous-traite pas la pose. Elle indique un carnet rempli à trois semaines, un délai qu’elle annonce désormais dès le devis après un avis client qui lui reprochait un décalage non prévenu.
Caen
Voir la fiche